Canon

Le destin tragicomique des enfants siamois de Rosa, la femme canon…

Joe, durant les après-midi, jouait de son accordéon au pied de notre roulotte. Il connaissait tous les morceaux de la Terre. Ce fut lui qui m’encouragea vraiment. On répéta quelques chansonnettes rythmées par mon tambourinaire de frère. Je maudissais chaque jour l’individu qui lui avait offert cet horrible instrument en fer-blanc. Ça énervait Joe ces battements à contretemps, mais il supportait cet inconvénient car il regardait souvent mes yeux. Joe m’a dit un soir qu’il n’avait jamais vu un bleu aussi profond. Un bleu de lagon comme sur les photos des îles lointaines. Après son numéro de pirouettes et de contorsions, Joe Kaoutchouc, l’acrobate élastique, revenait me jouer Le Dénicheur. Je chantais ; il me disait : « T’as une belle voix, tu sais ? »

Dans sa galerie de portraits des personnages difformes, estropiés, monstrueux, dignes des Freaks de Tod Browning, Max Obione nous présente des sœur-frère siamois, enfants de la femme Canon, la plus grande attraction du cirque Karnas. Une histoire cocasse, cruelle mais sensible. Assurément, votre sourire restera figé sur vos lèvres…  

Canon, Max Obione, nouvelle, collection Noire Sœur, 1.99
EAN 9791023407884

Les commentaires sont fermés.

WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :