Inch’Allah, mon ami

Un libraire, tombé dans la misère, se trouve confronté à la violence de skinheads ciblant des épiciers arabes de Paris… 

— Vous n’étiez pas libraire, rue de Charenton, il y a quelques années ?
Je l’ai vu ralentir puis s’arrêter, hésiter, puis revenir sur ses pas, jusqu’à mon banc. Sa question me cueille néanmoins à froid. Beaucoup de gens ne peuvent s’empêcher d’adresser un petit sourire ou un mot symbolique et supposé chaleureux au clodo de service. L’effet escompté n’est pas toujours au rendez-vous et la compassion induite écrase souvent la gentillesse souhaitée. Il faut faire avec, acquiescer sans s’offusquer, accepter en se disant que c’est mieux que le dégout, l’indifférence ou l’ironie.
Là, c’est autre chose. La dame ne s’adresse pas à un statut mais à un individu, moi.  […] 

Mendiant, clodo, SDF… Il suffit parfois d’un rien pour se retrouver à la rue. En sortir est-il possible ? De manière imprévue, pour peu qu’on vous regarde comme un humain, il peut arriver qu’on échappe au moins un temps à sa solitude. 

Inch’Allah, mon ami Jean-Luc Manet, nouvelle, collection Noire Sœur, 2,99  €
EAN 9791023408607

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