PROMOS DE MAI – Auteures en liberté…

Mai, mai, joli mois de mai, la littérature féminine à l’honneur… Quelle idée ! Cela veut-il dire qu’on mettrait en avant la littérature masculine les onze autres mois de l’année ? Sacrée dérive que de cataloguer un art selon le genre de l’artiste, ici, l’écrivain ou l’écrivaine. Dans l’un des titres, deux voix s’expriment dont celle d’un homme, ouh la la ! Mais cela dit, SKA cède au rite marketing pour vous inciter à lire ces auteures de notre catalogue… qui le valent bien et illustrent à merveille le printemps…

CHRONIQUES D’ELLES

Des instantanés de vies féminines exposés avec le brio d’une artiste du court-lettrage…

« Les yeux fermés, elle l’approche de sa bouche, pose ce petit morceau de fraise, à peine, sur ses lèvres. Le pose seulement. Elle lèche doucement la chair grenue de la fraise, les doigts frais qui la tiennent. Doucement. Tout doucement… la fraise… les doigts…Un vœu. Un vœu à garder secret pour conserver une chance qu’il se réalise. Sa langue caresse encore tendrement la chair tranchée à vif par la lame posée devant elle. »

Ces micro nouvelles flashent des instantanés de vies féminines, exclusivement. Des femmes : jeunes ou vieilles, malades, aigries ou optimistes, alcooliques ou artistes, pleines d’illusions ou de chagrins, mère attendrie, amoureuse comblée, surprises dans un moment d’abandon ou de crainte. Ce « pointillisme littéraire » obéit à des règles strictes : chaque texte compte environ mille caractères, ne comporte ni nom, ni dialogue. Une narration clinique, attachée aux détails, ceux qui comptent.

DOUBLE CASQUETTE
Trop c’est trop. Méga pétage de plomb comme résultat du pressurage des cerveaux au service de l’idiotie consumériste.

QUAND LE DG A ANNONCE « l’innovation est dans notre ADN », en moi-même j’ai pensé « jamais rien entendu d’aussi con ». À voir la tête de mon voisin de gauche, Paul, mon supérieur hiérarchique direct, j’ai aussitôt compris que j’avais prononcé ces paroles à voix haute. Il a eu un rictus nerveux en balayant du regard les autres participants. Il était le seul à m’avoir entendue. Je me suis mordue la langue. À nouveau cette envie de remuer, de secouer mes membres comme s’ils avaient été recouverts de fourmis rouges. Mes nerfs baignaient dans du vinaigre. J’ai repris un cachet. Pour tenir le coup jusqu’à la fin de la réunion. Une vieille habitude quand la pression devient trop forte. Pour passer le cap. J’ai tenu deux heures. La bouche crispée, les dents scellées pour éviter de gober toutes leurs inepties. « Nous offrons du bonheur », « les enfants et les adolescents AUSSI ont droit à du mieux-être », « notre société ne doit plus tolérer que quiconque soit malheureux »…

Elena Piacentini connaît bien le monde de l’entreprise. Ses origines corses lui rappelant les invariants de la nature insulaire donnent un contrepoint à la folie contemporaine d’une recherche immédiate de satisfactions factices imposées par des méthodes de décervellement publicitaire.

LA PEAU SUR LES MOTS
Connexion
entre deux écrivains. Une œuvre à deux voix, magistrale !

D’octobre 2004 à mai 2007, alors que celui-ci était emprisonné à Fresnes, Hafed Benotman – alias H.B. Murdos – et Brigitte Guilhot – alias M.B. Lupa – ont entretenu une correspondance intense ponctuée de rendez-vous au parloir qu’ils appelaient le cube. Entre recueil poétique et récit fragmenté, La Peau sur les mots rassemble des extraits intimes de cette correspondance passionnée de haute volée littéraire. Il y a chez ces deux-là une fascination réciproque née de l’Écriture, un « Jeu du Je » en miroir si puissant qu’il traverse les murs de l’enfermement et touche leurs corps. C’est un ballet intime d’une érotisation et d’une sensualité exacerbées par l’attente de la distribution du courrier et des face-à-face entre les quatre murs du cube.

J’attaque la mémoire de tes lettres. Je les relirai en piochant dans l’une et l’autre comme on picore un buffet à volonté, durant les heures que nous allons passer ensemble et sur le côté, je mettrai mes réponses comme des petits os, de fines arêtes ou des noyaux d’olive. J’aime bien t’écrire de cette façon, en me remémorant quand bien même rien ne m’interdit de vérifier que tu abordes bien tel ou tel sujet. J’aime bien aussi quand l’écriture m’attrape et me met au pied de ton mur et que je sais que c’est maintenant que je vais partir à t’écrire en passe-muraille.
J’aime bien, toujours plus, t’avoir dans mes pattes, te sculpter en te malaxant les épaules, en saisissant un bout de toi, un morceau de ta chair. J’aime ça, tu vas bien à mes mains. En t’écrivant cette phrase simple, je suis en état d’éborgner d’une seule érection tous les geôliers du monde. H.B. Murdos

J’aime la façon dont tes doigts me sentent, me décodent, me mesurent, m’analysent, me devinent…
Je ne suis rivale d’aucune femelle. Si j’ai un territoire amoureux à défendre, j’écris un livre. Et si tu me fuis, j’écrirai encore plus sans me soucier de pour quoi et pour qui tu me fuis. Je prends ma vie comme une matière que je travaille pour en faire des mots, des poèmes et des idées et je me sers de qui je suis pour donner à voir à celui ou celle qui me lira quel être il ou elle est. C’est pour cela qu’à partir d’aujourd’hui mon nom est M.B.Lupa, car ma vie n’est qu’un matériau au service de l’Écriture. M.B. Lupa

Ô DESIRS !

Tous les désirs s’expriment en parcourant la carte du Tendre et du Cru…

Quand nos bouches se sont disjointes, la mienne n’a pas quitté sa peau : elle a glissé le long de sa joue, puis dans le creux sous son oreille. Et je sentais ses mains dans mon dos, ses paumes chaudes et tendres, j’entendais sa respiration. Je suis descendue le long de son cou, le long de sa peau parcourue de frissons. Arrivée près de son épaule, avec ma main j’ai écarté de quelques centimètres la bretelle de son soutien-gorge. Quand je l’ai sentie faire de même avec le mien, mon cœur a fait un nouveau bond. Ses mains sont venues se poser sur moi, puis sa bouche, et elle a exploré mon corps, comme s’il était fragile et précieux. Je redécouvrais chaque millimètre de ma peau sous son contact et à l’intérieur de moi se déversaient des vagues ininterrompues de chaleur et de picotements. Et puis brutalement je me suis rappelé que c’était une machine et je l’ai repoussée.

SKA a déjà publié des nouvelles noires d’Isabelle Letélié, mais elle est aussi autrice de micro nouvelles érotiques. Ces textes sollicitent joyeusement vos zygomatiques, et croyez-nous, la surprise est totale ! Ce sont des merveilles de drôleries, variées tant par la nature des personnages que par les situations les plus diverses possibles. On vous l’affirme c’est du nanan, une succession de fusées narratives de hilarantes à très excitantes. Et c’est le premier volume ! Nous sommes certains qu’à la fin de la lecture d’Ô Désirs ! vous trépignerez pour lire la suite qui vous attend pour bientôt. Volume 2 : « Ô Plaisirs » disponible chez SKA.

 

 

 

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