Le Jour des Morts

La mort, ce terme obligé de nos vies, peut se raconter de mille manières, alors pourquoi pas de façon loufoque et touchante, avec une gravité rieuse…  

ELLES ETAIENT TOUTES LA, les femmes du village, autour du corps sans vie de feu Chrétien, le simplet de la commune qui avait passé l’arme à gauche comme il avait vécu, sans tambours ni trompettes. Madeleine aidée de Solange mesurait le corps longiligne du mort que Josette avait découvert étalé sur le sol de la cabane qu’il occupait seul à côté de l’église depuis le décès de sa mère. Les hommes valides étaient partis aider ceux du village de Trobordet, de l’autre côté de l’île, à déblayer la route et les chemins environnants qu’un glissement de terrain avait rendus inutilisables. Le menuisier laissait toujours un cercueil d’avance quand il s’absentait ainsi plusieurs jours au cas où… Mais c’était une taille standard et le Chrétien avait deux bons mètres vingt de haut. Enfin de haut, quand il était debout. Allongé, cela revenait au même, expliquait Lise à Marguerite qui, forte de ses quatre-vingt-treize ans, voulait tout régenter à sa façon.

Puisqu’il faut tout qu’on y passe un jour, autant ne pas s’en faire. Et considérer ce passage obligé avec humour voire une certaine tendresse.

Le Jour des Mort, Régine Paquet, nouvelles, collection Noire Sœur
prix 2,99 €, 9791023409000

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