Vanités

Viande morte pour Noël

Glacial, l’atmosphère du repas répond à l’actualité de ce Noël 89…

LE TELEPHONE A L’OREILLE, la Fille regardait par la fenêtre. La rue brillait de décorations, on avait suspendu des couronnes et des guirlandes. Des chants de Noël s’échappaient des haut-parleurs accrochés aux lampadaires. Etrangère à cette effervescence, elle grignotait l’ongle de son pouce. La Mère décrocha. Elles échangèrent quelques banalités pour en arriver à l’essentiel. 
— Je viens à quelle heure samedi pour t’aider en cuisine ?
— Pas la peine de venir, t’inquiète pas. Je n’ai pas besoin de toi.      
— Ben quand même ! Moi j’aimerais bien participer. D’abord je pourrai voir comment tu fais et puis ça me fait plaisir de préparer le repas avec toi.      
— Oui mais tu me connais …        
— Allez, s’il te plait ! Je serai ta petite main. Au fait, j’achète le sapin ?      
— Hors de question ! ça perd ses épines, on en colle partout…         
— Mais pour une fois que vous êtes là à Noël…
— N’insiste pas ! On se fait déjà un repas avec des petits plats ! C’est bien suffisant.

Images glaçantes à l’écran, allumé pour le réveillon familial, pas de quoi dégeler l’atmosphère mortifère.

Vanités, Mathilde Bensa, roman, collection Noire Soeur, prix 2,99 €

EAN 9791023409208

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