La charmante petite femme de mon voisin

Le traducteur de polar islandais a l’ouïe délicate… 

MON VOISIN continue à m’obséder. Au point de l’imaginer à la place de chacune des victimes qui finissent assassinées dans les polars que je traduis pour gagner ma pitance. Maigre, ma pitance, rien à voir avec les choux gras d’un tueur à gages. Ne rêvons pas, je n’en ai pas le profil. Mes doigts n’ont jamais appuyé sur la détente d’un révolver, ni cogné quiconque, ils ne savent que frapper les touches d’un clavier d’ordinateur.          
La gêne que me cause mon voisin laisse de glace les écrivains islandais. Puisqu’aucun n’est capable de lui régler son sort en deux coups de cuillère à polar, j’envisage sérieusement d’écrire moi-même ce roman. J’ai déjà le synopsis. Mon voisin s’appelle désormais Vömisùr Kóntrefäson, un malfrat islandais de la pire espèce. Tout au long des deux cents pages de mon roman, il cherche à se débarrasser de son ami d’enfance parce qu’il est devenu romancier de talent. Bien sûr, toutes ses tentatives d’assassinat vont échouer et c’est lui qui disparaîtra. Je n’ai pas encore trouvé de quelle manière le tuer mais je suis sûr d’une chose : sa mort sera atroce.
Le sommeil de mon voisin a été très agité la nuit dernière. Sans doute des cauchemars ou bien la sensation désagréable que quelqu’un voulait sa peau.

SKA participe à la promotion de la nouvelle noire. A titre de récompense, nous avons sélectionné ce texte parmi les nouvelles lauréates du concours de nouvelles 2022 des Ancres Noires du Havre. Régine Bernot démontre qu’une mauvaise insonorisation des logements augmente le taux de criminalité. L’humour noir est au rendez-vous qui transforme un trouble du voisinage en un désordre amoureux…

La charmante petite femme de mon voisin, Régine Bernot, nouvelle, collection Noire Sœur, 2.99 €

EAN 9791023409291

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